La chronique football du mois : Un Fifathon, vite !

A près une perte historique de 369 millions de dollars en 2016, une autre mauvaise nouvelle plombe le moral de la Fifa. D’après le Financial Times et Bloomberg, les sponsors ne se bousculent pas pour le Mondial 2018 en Russie. Alors que nous sommes à 14 mois du coup d’envoi, Alfa Bank est le seul partenaire local recruté – une dizaine était espérée. Ni Sony ni Emirates n’ont souhaité renouveler leurs partenariats devenus caducs. Et il n’y a que trois sponsors officiels pour le moment: McDonald’s, Budweiser et Hisense.

Certes, les partenaires historiques de la Fifa (Adidas et Coca-Cola) ont pris perpète en signant un contrat jusqu’en 2030 et se trouvent coincés sur le navire. Il n’empêche que l’eau monte dans la cale. La misère se profile à l’horizon. Il est plus que temps de lancer une quête internationale, un Fifathon, pour renflouer ces petites bourses toutes vides. Mobilisation générale ! On ne voudrait pas que la Fifa vende son siège ultra-luxueux à Zurich et aille habiter sous un pont, pas vrai ? Encore moins que Gianni Infantino perde son CDD à 1,5 million de dollars annuels et se retrouve à Pôle emploi, n’est-ce pas ? Il faut donc réagir rapidement avant que ces grands malheurs ne nous percutent tel un astéroïde en folie et n’entraînent avec eux ni plus ni moins que la disparition du football.

Certaines mauvaises langues parlent de gouvernance corrompue, de gabegie, de paradis fiscaux, d’incompétence. À ceux-là nous répondons : c’est du passé, n’en parlons plus. Les coupables ont été grondés et sont maintenant en disgrâce. Les procédures ont été lancées; elles suivent leur cours. À titre conservatoire, on a prié les vilains de rendre leurs albums Panini et leurs casquettes Brazil 2014. Fini, le laxisme. Un comité d’éthique interne à la Fifa a été constitué – que voulez-vous de plus ?Des décennies de clientélisme et de magouilles obscures ne doivent pas nous faire oublier la beauté de l’idéal.De toute façon, donné c’est donné ; pot-de-vin ou pas, on jouera en Russie et au Qatar. C’est la moindre des choses que d’honorer ses engagements mafieux.Où iraitle monde sinon ? Les sponsors visionnaires, ceux qui restent avec la Fifa malgré la tempête, l’entendent bien. Quant aux autres, les lâches qui ont trahi le football en gardant leur argent pour eux, ce n’est pas tant la Fifa qui les a fait fuir que la perspective d’accoler leur marque à une compétition se déroulant en Poutinie. Car c’est peu dire que le pays a mauvaise presse. Bien pire que la Fifa – il fallait le faire ! Bah, qu’ils fuient donc, ces trouillards ! On trouvera bien des braves, tel Gazprom, qui n’auront que faire des odeurs nauséabondes. Surtout, avec notre idée de Fifathon, plus besoin de capricieux sponsors. En échange de vos économies, vous recevrez un pass famille pour le Musée Fifa du football mondial, à Zurich – dépêchez-vous Uli Knörzer d’y aller avant que ça ferme.